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Bienvenue sur le blog de La chenille et le Papillon

Retrouvez ici nos articles sur le développement de l'enfant, les réflexes archaïques, les bienfaits de l'intégration sensorielle et motrice, la pédagogie positive, l'éducation et bien d'autres choses encore.

L'aventure ne fait que commencer ! 

Un enfant, ça bouge énormément. Et c'est bon signe... ou pas.

C'est en bougeant que le tout-petit explore ses capacités motrices et se créé des expériences sensorielles. Sans mouvement, pas de sensations ni de découverte du corps. Ces stimulations physiologiques sont innées et nécessaires au développement, donc normales. Mais à partir de quand peut-on dire qu'un enfant est trop agité ?

Liberté, motricité, maturité

Nul besoin d'avoir fait des études scientifiques pour s'apercevoir que c'est en bougeant que le bébé découvre ses mains et ses pieds. Il passera de longues minutes à les agiter devant ses yeux et à les suçoter. Un jour, il passera du dos au ventre et se mettra sur ses coudes pour regarder autour de lui. Puis il cherchera à avancer pour aller saisir ce qui a attiré son attention. Et ainsi de suite jusqu'à la marche. En observant toutes ces étapes, on comprend vite que c'est cette exploration du mouvement qui lui permettra de passer de la position couchée à la position debout, et que pour en arriver jusque là, il aura dû faire preuve de force et de persévérance pour renforcer sa musculature, tenir sa tête et son dos droit, pousser sur ses bras et sur ses jambes, pour enfin se dresser sur ses deux pieds (et faire la fierté de ses parents!). Au delà de ces observations physiques, signes extérieurs d'un bon développement moteur, on sait moins ce qui se passe à l'intérieur, au niveau du système nerveux central. De façon schématique, chaque geste et chaque sensation corporelle vont le faire mûrir, c'est-à-dire créer des milliards de connexions neuronales, afin que le cerveau et le cervelet puisse élaborer des modèles de gestes de plus en plus précis, fins et contrôlés. Ce processus de maturité neurologique est valable tant au niveau moteur que cognitif, émotionnel et relationnel, c'est-à-dire que les mouvements ne permettent pas seulement un perfectionnement des commandes motrices, mais entraînent aussi le développement de notre cerveau associatif gérant des opérations complexes telles que la mémoire, le langage, le raisonnement, la planification mais aussi la gestion de nos émotions et de nos interactions avec notre entourage. Sans oublier le traitement des informations sensorielles gérant la perception que nous avons de notre corps et de notre environnement. L'enfant doit donc bouger pour apprendre dans tous les sens du terme. Ces stimulations sont nécessaires à un bon développement neurologique et nous pouvons être heureux de voir des enfants explorer leurs capacités motrices et sensorielles.


Mais où est la limite entre une stimulation efficiente et une sur-stimulation entravante ?

De façon très simplifiée, car la question est plus complexe qu'il n'y paraît, on peut affirmer que si le mouvement fait mûrir le système nerveux, la capacité à rester immobile est alors la forme la plus aboutie, la plus mature du mouvement. Le corps n'a plus besoin d'être en mouvement pour exister. Il est. Lorsque des enfants, et même des adultes, éprouvent de la difficulté à rester immobiles ou silencieux ou à entreprendre une activité calme, cela signifie qu'ils ont besoin de stimuler en permanence leur système nerveux. Je bouge donc je suis. Sans mouvement, il n'y a plus de perceptions corporelles, ni de conscience du schéma corporel (je sais que j'ai un corps, j'ai conscience de ses limites et je sais où il est dans l'espace). D'un point de vue psychique cela peut réveiller des angoisses très primitives de dislocation, de désintégration, autrement dit de mort. D'un point de vue physiologique, le tonus musculaire postural n'est pas suffisant pour maintenir un équilibre statique, alors le corps se "spécialise" dans l'équilibre dynamique, c'est-à-dire que c'est littéralement en bougeant que le corps ne s'effondrera pas. D'un point de vue sensoriel, le traitement des informations auditives, visuelles, et tactiles sera dysfonctionnel et l'enfant (ou l'adulte) aura besoin de faire du bruit ou d'être dans le bruit mais aussi d'aller au contact que ce soit par des câlins ou des bagarres. (À noter qu'il peut aussi y avoir une réaction opposée : les stimulations sensorielles seront rapidement trop fortes et ingérables pour le système nerveux qui sera en état de saturation. Et c'est la bascule dans l'hypersensibilité et l'hyperémotivité).


Comment détecter si un enfant est dans la sur-stimulation ?

Un enfant qui alterne entre activités physiques et temps calmes, qui est capable d'être attentif lors d'une situation d'apprentissage, qui peut retenir une consigne et l'appliquer, est a priori un enfant dont le développement se passe normalement. Au contraire, un enfant qui éprouve des difficultés à se poser (et donc à se concentrer sur une activité), cherche certainement à solliciter son système nerveux de façon intense afin de continuer à se sentir exister. On le verra grimper partout, s'agiter en tout sens, sauter, courir, parler fort, solliciter son entourage pour jouer avec lui, par tous les moyens. Ces enfants ne sont, de prime abord, jamais fatigués. Ce qui ne veut pas dire qu'il en est de même pour leur système nerveux... Certains auront besoin de dormir beaucoup pour compenser, d'autres seront même trop en tension pour se laisser aller dans un sommeil réparateur. Dans ma pratique, j'observe des enfants entravés par cette agitation incessante. Ils sont parfois angoissés et malheureux de ne pas pouvoir s'arrêter de bouger. Ils se rendent bien comptent qu'ils "dérangent". Certains ne semblent pas affectés, mais je peux déceler dans leurs corps des signes de tensions extrêmes et de fatigue : ils ont les yeux cernés, des gestes brusques et saccadés, des tics, et lors des tests d'équilibre statique, ils lâchent la posture immédiatement ou bien "tiennent par les yeux" en fixant un point si fortement qu'ils en oublient de ciller. Lorsque leurs parents ou eux-mêmes me confient qu'ils peuvent rester calmes lors de la pratique d'une activité manuelle, je leur propose souvent de faire un dessin en fin de séance. En effet, la sollicitation des membres supérieurs les aidant à se centrer, il est opportun de solliciter au maximum leurs capacités de régulation physique et émotionnelle. Il est important de rester vigilant car un enfant trop agité sera vite qualifié de fatiguant et de perturbateur. Ces étiquettes vont le stigmatiser et peuvent entamer sa confiance et son estime de lui-même. Ces difficultés à rester immobile et calme pourront être à l'origine de difficultés d'attention, et a fortiori de difficultés d'apprentissages. Car si le cerveau se mobilise pour rester en mouvement, il sera moins disponible pour les activités intellectuelles, nécessitant réflexion, raisonnement, mémoire de travail, concentration, capacité d'abstraction.


Quelle aide apporter à ce profil d'enfant ?

Un suivi en intégration sensorielle et motrice (ISM®) peut être une piste. Cette approche thérapeutique relance la maturation du système nerveux à l'aide de mouvements primitifs, équivalents à ceux effectués par le bébé de manière naturelle et nécessaire à son développement. Le cerveau va pouvoir faire des nouvelles connexions et apprendre à retraiter les informations sensorielles comme il aurait dû le faire au départ. Les axes corporels vont se construire, assurant ainsi le tonus musculaire postural nécessaire à l'équilibre statique pour pouvoir, notamment, rester tranquillement assis. Les tensions profondes vont se relâcher. Le corps pourra accéder à la détente, jusqu'à rester immobile pour pouvoir lire par exemple. L'intégration sensorielle et motrice va agir sur la sphère motrice, cognitive et émotionnelle en même temps, puisque toutes les trois sont gérées, traitées et perfectionnées par le cerveau. L'enfant pourra alors rentrer dans ses apprentissages de manière confiante et sereine, et déployer ses pleines capacités physiques, intellectuelles et relationnelles.

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